Dans ce chemin dont on ne connaît consciemment ni le commencement ni la fin, il n’y a aucune certitude, il n’y a que des croyances.

Pour le croyant, seule sa propre croyance est « vraie » et est synonyme de « réalité ». Ce à quoi l’on croit, au moment où l’on y croit, existe; il ne peut logiquement en être autrement.

Ce qui me plaît – tout comme jeter un regard dans la réalité des autres, que ce soit en passant dans la ruelle le soir pour regarder les différents « chez soi » qui existent ou encore en écoutant attentivement la vérité de l’autre – c’est de voyager dans ces multiples croyances qui se côtoient dans notre univers. L’un des itinéraires qui m’a été proposé pour débuter mon voyage est la notion de « temps du rêve » des aborigènes d’Australie.

Après plusieurs lectures et visionnements, je constate que je ne comprendrai pas cette croyance dans sa globalité si facilement. Par contre, elle m’intéresse. Je ne me positionne donc pas ici en « connaisseuse » du sujet, mais plutôt en exploratrice, en aventurière, qui ouvre son imaginaire en faisant des connections avec sa réalité intérieure.

De ce que j’en comprends, le « temps du rêve » (c’est la traduction du terme aborigène, dont le français n’arrive pas à rendre tout le sens) explique non seulement la création du monde, mais aussi son présent. Le temps du rêve est là où nous sommes, le monde dans lequel nous évoluons. Le temps du rêve n’a rien à voir avec le temps dans le sens de passé, présent et futur, cela n’existe pas dans la conception aborigène. Il s’agit plutôt de transformations dans une continuité.

Selon eux, tout est interconnecté, que ce soit vivant ou non. Nous sommes tous responsables les uns des autres. Les croyances autochtones sont liées, centrées sur la Terre et non sur centrées sur un ou plusieurs Dieux.

« Nous ne possédons pas la terre, c’est la terre qui nous possède. La terre est ma mère, ma mère est la terre. La terre est le point de départ de là où tout a commencé. C’est comme ramasser un morceau de terre et dire que c’est ici que j’ai commencé et c’est ici que j’irai. La terre est notre nourriture, notre culture, notre esprit et notre identité. »*
– S. Knight

« Ce que nous puisons dans nos souvenirs, pensons, imaginons et créons dans notre vie quotidienne, c’est notre rêve. »*
– Djon Mundine

Nous vivons dans un rêve. Nous vivons dans notre rêve. Et c’est là que, pour moi, ça devient intéressant. Mon rêve. Plus je deviens consciente de cette réalité, plus je peux la modeler, pour la rendre la plus fidèle possible aux cellules qui m’habitent, pour vivre sans plus aucune séparations, ni intérieure, ni extérieure. Tout comme il est possible de se connecter avec nos rêves nocturnes de sorte qu’on parvienne consciemment à changer la situation du rêve, il faut comprendre que, selon cette conception, la vie est identique. Sous ses apparences de solidité, elle ne serait que chimères, dans lesquelles nous avons le pouvoir de changer les choses.

Pour les aborigènes, tout est vivant, que ce soit animé ou non, et partage une seule et même âme. Intéressante vision. Si cela est le cas, à quoi sert-il de me fâcher contre celui qui n’avance pas à la lumière rouge? C’est peut-être moi dans un autre corps? C’est peut-être mon frère, mon ami ou mon collègue qui est assis dans le véhicule face à moi… Si c’était le cas, est-ce que ma réaction serait différente?

Cette croyance est-elle si excentrique? Nous ne pouvons nier qu’en notre centre ainsi que dans celui de tous les être vivants, il y a la vie. Cela n’est-il pas une preuve suffisante que nous sommes tous inter-reliés? La vie qui s‘insuffle dans la matière et demeure pourtant impalpable, insaisissable, n’est-elle pas justement cette « âme » commune?

Prendre conscience de cela change la vie complètement. Il ne s’agit plus de se battre pour faire sa place puisque tout ce qui nous entoure est une partie de nous. Si « nous » ne sommes pas en harmonie avec la direction de notre rêve, il ne s’agit peut-être que d’écouter ce que nos « autres membres » (puisque nous sommes un grand tout) tentent de nous dire. Tout comme les terminaisons nerveuses envoient le message à la main de se retirer lorsqu’elle se brûle, quel est le message que l’univers qui m’entoure me transmet?

Être curieuse de ce qui est en moi et de ce qui m’entoure, voir les liens entre les deux, pour éventuellement être pleinement consciente qu’il n’y a plus de différence, de distance.

Qu’on le veuille ou non, nous sommes le centre de notre Univers, tout tourne autour de nous, et c’est vrai pour chaque être qui explore la vie. Et tous nos rêves sont inter-reliés.

Comment va votre rêve chères, chers Seekers?

The Seekers

*Source des citations : https://www.creativespirits.info/aboriginalculture/spirituality/what-is-the-dreamtime-or-the-dreaming#ixzz5IjqmReOd – 17 juin 2018

 

Auteur

Humaine. Artiste multidisciplinaire. Contemplative. Les 2 pieds sur terre et la tête dans les étoiles. Défi plutôt exceptionnel lorsqu’on mesure 5 pi. 1 1/2

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